Les débuts : des Spooky Kids jusqu'à Smells Like Children
Durant cette période artistique, on constate une forte influence du clownesque avec une forte exacerbation des couleurs qui dureront jusqu'à Smell Like Children. On peut s'en rendre compte dans le clip de « Dope Hat » ou dans les photos promotionnelles des années 1989-1995.
Antichrist Superstar, l'avènement du noir (1996-1997)
Avec l'album Antichrist Superstar, qui les rendra célèbres lui et son groupe, leur musique est classée comme du metal industriel[réf. nécessaire]. On commence à voir apparaitre l'aspect sale, dérangeant et violent qui reste encore aujourd'hui le plus connu.
Avec la célébrité vient l'argent, donc davantage de fonds pour rendre les concerts plus théâtraux. En effet, cette ère voit apparaitre une grande application dans la mise en scène, comme les drapeaux et le podium de dictateur sur Antichrist Superstar ou les échasses sur Kinderfeld, sans oublier les effets de lumière ou la fausse neige. La tournée est un prolongement et un approfondissement de l'ambiance malsaine dégagée par Smells Like Children.
Mechanical Animals, couleurs, strass et paillettes (1998-1999)
Cette ère artistique est fortement caractérisée par l'avènement de la couleur, du strass et des paillettes. Certains considèrent que Marilyn Manson tend vers le style glam rock[réf. nécessaire]. Il est d'ailleurs fortement influencé par David Bowie, dont il est un admirateur[2]. Durant cette période, la féminisation de son personnage est poussée à son paroxysme, les shows deviennent très « hollywoodiens », avec enseignes lumineuses telle "D R U G S". Mechanical Animals déçoit cependant de nombreux fans de l'image précédente de Manson. La tournée voit également arriver un excellent nouveau guitariste : John 5.
Holy Wood (In the Shadow of the Valley of Death), anti-américanisme et influence médiévale (2000-2002)
Ce nouvel album naît dans un contexte peu propice à l'épanouissement : d'abord, la séparation de Manson et de l'actrice de Charmed Rose McGowan (qui était apparue dans un des clips de Mechanical Animals, Coma White) affecte son moral.[réf. nécessaire] D'autre part, la fusillade du lycée Columbine, où deux adolescents ont tué plusieurs personnes dans leur lycée avant de se suicider, contribue à faire de Manson, accusé d'avoir influencé les pulsions meurtrières des deux jeunes, l'ennemi public numéro 1. Plusieurs concerts sont annulés et il reçoit de nombreuses menaces de mort[3]
On note deux influences majeures, citées ci-dessus : l'anti-impérialisme américain et une iconographie médiévale. Durant les concerts apparait à l'arrière plan un drapeau américain brûlé, ce qui se rattache à une chanson de l'album Burning Flag. Apparaissent également des éléments évoquant la guerre : képi d'officier, pied de micro en forme de fusil, et podium sur lequel est représenté un crucifix formé de deux revolvers et d'un fusil. L'influence médiévale se remarque particulièrement dans les clips Disposable teens et The Nobodies. Durant les concerts de l'époque, il est habillé pour The Love Song ou Valentines's Day d'un costume de pape.
The Golden Age of Grotesque, années 1920-1930 et retour au clownesque (2003)
L'esthétique propre à Manson est caractérisée durant cette ère par une forte influence du Berlin - Vienne de l'entre-deux-guerres. Ces pays ont vu naître un courant artistique, l'expressionnisme, qui transparait dans les toiles de Marilyn Manson. C'est en même temps un retour au clownesque et au cabaret. Comme le chanteur le dit lui même : « Cet album, c'est mon propre parc d'attraction »[réf. nécessaire]. On peut trouver des similitudes avec une série télévisée, Carnivàle.
Manson se dote de costumes des années 1920-1930, à savoir chapeau melon ou costume de Monsieur Loyal. On peut le voir plus clairement dans le clip « mOBSCENE », dans lequel apparait sa nouvelle compagne d'alors, Dita von Teese. Il adopte une apparence de clown : rouge à lèvres à outrance, yeux cernés de maquillage bleu, rose ou noir, pantalon à bretelles. Beaucoup de fans regrettent que Marilyn Manson ait privilégié pour cette tournée 2003 le décor et la mise en scène au chant et à la musique. Il est vrai que sa voix est quelque peu cassée mais la mise en scène est très importante.[réf. nécessaire]
Le décor et les costumes de la tournée sont soignés : escalier central avec vieux château fort, drapeaux frappés du logotype MM (pour Marilyn Manson), automates factices sur Disposable Teens, enseigne lumineuse marquée « mOBSCENE » et danseuses, automate poussant une table sur laquelle se trouvent un verre et une bouteille d'absinthe sur « Tourniquet », paillettes et costume d'épouvantail sur « The Dope Show », pianistes et costume de M. Loyal sur « The Golden Age of Grotesque », ajout d'une contrebasse et d'un saxophone, jeux d'ombres sur « Sweets Dreams », mime de fellation avec les deux danseuses dans une cabine prevue à cet effet posée au milieu de la scène, ouverture d'une bouteille de champagne, tête de Mickey géante sur « The Beautiful People » et Manson affublé d'oreilles de Mickey sur une tribune représentant un crane affublé d'oreilles de Mickey.
Lest We Forget, voyage au XIXe siècle (2004-2006)
Il est difficile de parler d'identité musicale pour cette ère étant donné qu'aucun album nouveau n'est sorti. En fait le début cette nouvelle période est marqué par la sortie de son Best Of avec la chanson inédite Personal Jesus, une reprise de Depeche Mode, et une chanson bonus, "Tainted Love" une reprise de Gloria Jones (1964), soundtrack de "Sex Academy"(Not Another Teen movie), déjà présente sur certaines versions du Golden Age Of Grotesque.
Marilyn Manson aux Eurockéennes de Belfort en 2007
On remarque que l'esthétique choisie reste dans la lignée de The Golden Age of Grotesque, dans le sens où il tient à conserver une certaine classe et élégance. Il privilégie les costumes historiques. Pour cette nouvelle ère, Manson emprunte beaucoup de styles du XIXe siècle, aussi bien masculins (lavallière, ferme-cape, gilet à boutons) que féminins (manches bouffantes du début du XIXe siècle, col montant en dentelle). Il faut d'ailleurs noter un important tournant vestimentaire dans cette tournée car c'est la première fois depuis plus de dix ans que Manson apparaît avec le torse habillé.
Eat Me, Drink Me, rock et romantisme (2007)
On assiste à une reprise en main de la part de l'artiste après sa période de latence. Le nouvel album Eat Me, Drink Me présente un Manson plutôt posé et calme. L'album sonne rock, ce qui rappelle un peu Mechanical Animals. On observe l'abandon des grandes causes (par exemple l'anti-américanisme de Holy Wood), pour se pencher sur la personnalité même de Manson, ce qui donne un album particulièrement intimiste.
En live, il n'y a pas de grandes modifications vestimentaires avec les classiques manteaux ou chapeaux noirs. Comme il l'avait déclaré lors de précédentes interviews, le spectacle est au rendez-vous lors des shows[réf. nécessaire] : lune qui se lève sur If I Was Your Vampire, effets pyrotechniques sur Just a Car Crash Away, chaise géante sur Are You The Rabbit? qui clôture le spectacle et micro en forme de couteau de boucher, tout cela en plus des effets habituels.
En Janvier 2008, Twiggy Ramirez revient dans le groupe suite au départ de Tim Skold, au poste de bassiste, Rob Holliday passe à la guitare, Ginger Fish reste à la batterie et Chris Vrenna officie toujours au clavier. Au passage, la tournée est renommée Everyone Will Suffer Now. La track-list comporte 19 morceaux, dont certains qui n'ont pas été joués depuis longtemps car ils sonnaient mal sans Twiggy.
The High End Of Low, la mort avant la résurrection (2009)
« Je crois définitivement que ma vie se finit et commence. Ce disque est artistiquement abouti et paraît presque optimiste, étrange mot utilisé. C'est comme un phoenix qui renaît de ses cendres et commence une nouvelle vie », a évoqué Marilyn Manson, à propos de The High End Of Low, nouvel album studio annoncé par We're From America et Arma-Geddon...[4]. Le disque est très personnel et objectif. The High end of Low a été écrit presque entièrement alors que Manson vivait seul. "J'ai pu réfléchir à mes récentes expériences. Je n'avais jamais vécu seul, en fait. J'ai vécu chez mes parents, puis j'ai eu la vie d'un musicien de rock, dans les hôtels. Puis j'ai eu trois longues histoires avec des femmes" dit Manson lors d'une interview. "Ce disque raconte un parcours, du fond du trou jusqu'à une renaissance"[5].
La formation du groupe change un peu : Chris Vrenna se met aux claviers, et grosses surprises pour les fans, Twiggy Ramirez, ancien bassiste et ami de Marilyn, réintègre le groupe en tant que guitariste. Ginger Fish reste le batteur (et fait du piano sur "Into The Fire"). C'est Sean Beavan qui s'occupe de la production de l'album. Il est enregistré dans les studios de Hollywood Hills et est efficacement produit par Marilyn Manson lui-même. The High End Of Low devient leur septième album studio.
Le dernier morceau de l'album, 15, a été écrit le jour des 40 ans de Manson. Cette dernière piste a été écrite en dernière minute (l'album devait se finir sur "Into The Fire). Le titre à une signification bien particulière pour lui : "15 (pour 5 janvier) a toujours été mon chiffre jusqu'à ce que je le réalise... Mon vrai nom, Marilyn Manson, ça fait 15... Bon, OK, vous ne croyez pas à la numérologie. J'ai fini l'album cette nuit là. Je commençais à perdre ma voix, devenue rauque à force de chanter. Les paroles n'étaient pas finies. Ginger, le batteur, s'est mis au piano. Ça a été très naturel, on a retrouvé tout ce qui faisait la force de ce groupe. Ma relation musicale avec Twiggy (guitariste du groupe, co-compositeur des morceaux). Tous ces gens qui étaient avec moi au moment où ça a décollé (avec Antichrist Superstar, en 1996). C'était le destin, de se retrouver pour cet album et de finir le disque ce jour la."[6]
Les lives sont beaucoup moins élaborés que ses anciennes tournées, malgré quelques effets élaborés, tel l'ouverture des tournées par Four Rusted Horses avec un grand rideau qui tombe[7], projecteurs de cinéma, clap de réalisateur de film, jeu avec les assistants de Manson qui viennent le remaquiller sous les projecteurs, $ shock-logos lors du single Arma-Geddon.... Pour Great Big White World, Manson s'enferme dans une boîte blanche avec des néons, dont il perce la paroi pour sortir à l'apogée du morceau. Enfin, Manson et Twiggy Ramirez interagissent et échangent leurs rôles (Manson à la guitare, Ramirez au chant, sur le début de Rock'n'Roll Nigger). D'après diverses critiques, les premiers concerts donné étaient plutôt raté[8], suivi de performances de plus en plus dynamiques[9].